J'ai retrouvé le chemin des mots
Et plongé dans la mer
J'ai joué dans l'écume douce-amer
Qui sert le cœur tendrement

Aux sons de la mélancolie
Au rythme des complaintes
J'ai souri

dimanche 4 octobre 2015

C'est la faute


C'est la faute à Voltaire
M'a dit le camembert
Mais je ne crois pas vraiment
Les fromages coulants

Alors je cours voir mes deux yeux
Hélas les nouvelles ne sont plus très fraîches
Les journaux putréfiés
Noient leurs odeurs sous les poissons
Nauséabonds

Ce n'est donc pas la faute à Voltaire
Le camembert devrait se taire
Et j'enterre mes espoirs fous
D'être innocent

Epinglés


Un jour je verrai
Tout mes démons épinglés
Mes rancœurs oubliées
Et mes regrets égarés
Je les imagine déjà
Immobiles et secs
Derrière des vitrines froides
Comme de mauvais papillons
Comme je m'empresserai alors
Le sourire en coin, peut être
Des les rendre à la poussière
Longtemps, s'il vous plaît, avant moi

Même quand tu ne reviens pas


Chaque sentiment que j'expire me ramène vers toi même ceux qui ne te regarde pas et pourtant eux te regardent avec envie. Sang bleu, sang blanc, mauvais temps. Je veux t'offrir chacune de ces fleures née dans mon cœur qui bat d'étranges rythmes et sonne creux pourtant je pense tout bas je pense à toi même si je ne devrait pas. Souffle rouge, l'espoir noir a bon temps bon an. Au dessus de ma certitude incrédule petite chose dure sûre qui s'étonne elle-même et pourtant ne peux se passer d'exister, au-dessus de ma certitude incrédule flotte un ange mal plumé maladroit, ovni qui pense et mal y soit comme tant d'autres. Pourtant dans ce silence de tes pas il vole et renforce ma certitude qui ne devrait pas. Pourtant je pense à toi, hiver du temps le blanc passe à l'été, pourtant me voilà. Et encore en silence et mon corps en souffrance bute en boucle en disque rayé encorencorencorencor et toujours jours qui se lève sur l'écho impossible que j'entends pourtant à la source même de ton silence. Tes yeux je ne les perds pas tes yeux peint en jours bleus me disent des choses que je n'arrive pas à inventer et pourtant ton silence et tes yeux mélangés me perdent et je bute et me rebute. Ma certitude et ton silence me renvoie la balle dans la tête folle et drôle elle chante ivre la tête elle s'en fout elle suit les battement et le souffle cassé. Sais-tu pourtant le poids certain de ton sourire, la beauté en masse dans la douceur de tes lèvres le sourire de ton sourire étonné effrayé et pourtant parti au loin pourtant je ne peux que l'attendre. Sais-tu pourtant que je t'attends même quand tu ne reviens pas  ?

mardi 29 septembre 2015

Soldats

A quattre pattes les soldats
Marchent et grattent
De gros jouets entre les bras
Soudard soudard
Baisse les armes et repose-toi
Tout doux, tout bas
Embrasse le silence
Oh ! Rien qu'une fois

Seul, à quoi bon


Je suis seul dans ma tombe
A défier le jour naissant
Et hurler sous la lune
Pour que le matin sonne bleu

Je suis seul, gouffre sublime
Et mon coeur nage à rebours
Et mon cri n'y voit goutte
Pourtant la vie cherche mon lit

Je suis seul à quoi bon
Fier et solide comme un roc
-tremblant peut être, sur ses bases -
Vienne la mousse, rêve d'enfant

Je suis seul, je suis fou
Chercherai-je encore longtemps
Dans la brume épaisse et douce
Un bruit, un cri, corne d'amour

Les oies


Piètre cavalier sur un gros bidet
Rêvant d'étalons et de destriers
Le bouffon magnifique chante à tue-tête
Et charme les oies

Je verrai au bout du jour l'automne jongler
Et la mort en clown mener trois éléphants
Une oie sur un fil empêchera l'apocalypse
A quatre contre un

Sarabande molle et tors partagés
C'est la ronde cancanière des progrès malhabiles
Un troupeau d'oies grasses mange bravement
Son destin de foi

L'oie enfin prodigue des conseils
Sérieuses sous sa bure d'un noir caressant
Et c'est la bouteille qui pointe et trompe l'ennui
Jusqu'à trois pas

Le sommet


Des rivières pierreuses
Dévalent les montagnes
Charriant des flots de rêves
Elles nous attirent vers le sommet
Pas à pas remonter à la source
Et sur le plus haut cailloux
Méditer la plaine à nos pieds
Comme l'aigle pour une fois
Les yeux plissés
L'esprit acéré