J'ai retrouvé le chemin des mots
Et plongé dans la mer
J'ai joué dans l'écume douce-amer
Qui sert le cœur tendrement

Aux sons de la mélancolie
Au rythme des complaintes
J'ai souri

dimanche 7 décembre 2014

Les feuilles

Voilà l'automne
Mon cœur chante
Les vieilles feuilles pourrissantes
Tapis gluant
Dans la forêt
Un murmure dans l'air humide

Place aux jeunes disent-elles
L'arbre continuera de pousser

Voici l'hiver
Les feuilles chantent
Le chœur de celles qui sont tombées
Pendant le somme
Il a neigé
On attendra pour bourgeonner

samedi 6 décembre 2014

Ce n'est pas pour moi

Ce n'est pas pour moi que chantent les gens
Ils tendent les bras
Et touchent une ombre
Ce n'est pas pour moi que chantent les gens
Je marche à petits pas
Au bord de ma tombe

Ce n'est pas pour moi que chante cet or sombre
Et toutes les promesses
Sombrent dans l'oubli
Ce n'est pas pour moi que chante cet or sombre
Le loup guette dans l'ombre
Les petits pas qui chantent

Ce n'est pas pour moi ce n'est pas pour moi
Mille chemin mais nulle porte
Encore et encore cet écho infini
Ce n'est pas pour moi ce n'est pas pour moi
Que je souffle l'air obscure
Qui sort de mes poumons

vendredi 5 décembre 2014

Les doigts en croix

Dans le grand froid
Les doigts en croix
Les bois patientent le printemps
L'hiver passera comme un songe
(Les gens passent aux pieds des sages)

Il faut apprendre à faire dormir
A faire attendre le bonheur
Quand l'hiver passe
Les doigts en croix
Range tes feuilles
Et crois en toi

jeudi 4 décembre 2014

Apocalypse

Nous sommes Dieux
Dirent-ils chaque bouche d'une seule voix
Et chaque pas soulevant la tempête
Nous sommes Dieux
Et les trompettes tonnaient dans leur souffle
Et la terre rugissait de terreur
Nous sommes Dieux
Chantent enfin les trouvères sans noms
Mille oiseaux et cent mille lions
Nous sommes Dieux
Les fourmis les brins d'herbe les pierres et les rivières
Tremblant vibrant sous le même vent sacré
Nous sommes Dieux
Au dedans brûle le feu les soleils la création
Brasier à blanc jusqu'à la fusion
Nous sommes Dieux
Proclament les mécréants et tout leurs saints
Les conclaves les synodes les bûchers et les cercles
Nous sommes Dieux
Nageant dans le sang des tocsin et des gongs
Brûlant d'un seul souffle à toutes les fenêtres
Nous sommes Dieux
Dans un torrent de poussière engloutit Babylone
Et dans l'air le temps n'avait même plus d'ombre
Nous sommes Dieux
Enfin crièrent-ils conscients ensembles morts
Armée unique aux sandale d'airain terrifiantes
Nous sommes Dieux
Tonna dans chaque fibre séparant les atomes
Révélation ultime horrible insupportable extase
Nous sommes Dieux
Et sous leurs pieds le monde trembla une dernière fois
Et à jamais les peaux frissonnent à l'unisson
Nous sommes Dieux
Comme une ligne infini d'espoirs ternis
Un rang à la discipline coupable et sublime
Nous sommes Dieux
Leurs yeux sont des éclairs sombres omniscients
Dardant leurs tripes d'une colère froide
Nous somme Dieux
Raisonne dans l'air ce cri de stentor absolu
Son simultanément ultime à toutes les oreilles
Nous sommes Dieux
Trois mots sans retour en arrière
Sentence irrévocable bouclant même le temps
Nous sommes Dieux
Furieux plus rien ne sera plus jamais pareil
Plus rien ne sera plus
Nous sommes Dieux
Crime dernier déchirant l'Histoire et l'Univers
Et tous ensembles bons méchants morts vivants
Se portent en croix

mercredi 3 décembre 2014

Les voyants

Passant par là une roulotte
Me fit l'effet d'un temple caché
Et les fumées de la Pythie
Ses hurlements grossiers et monstrueux
Sont autant de lois d'airain sournoises
Les marchands de temps sont des prêtres
Des soldats du tyran prophétique
Temps et destins marchent ensembles
Inexorablement

Et toi ô roi ô bouffon ô crédule
Et toi qui veut savoir quelle sera ta fortune
Ne vois tu pas dans le sourire édenté
La malice qui vit de son infortune
Et toi qui t'abaisse à faire ce pas
A courber ta raison à d'obscures desseins
Tu ne fais que payer ton hommage
Ta capitulation
Tu t'enferre toi-même aux galère du destin
Confirme dans ton sang le futur étranger
Celui-là même que tu entendais
Forger

mardi 2 décembre 2014

Terre brûlée

Tu as brûlé derrière toi
Toutes les terres
Tu as salé les champs de peine
Pendu les rêves
A des arbres torturés
Et fait pleuvoir les corbeaux
Sur nos ultimes semences
Pourquoi ne doit-il rester
Que le hurlement sinistre
D'un loup agonisant
Porté par le vent lugubre
Où planent les hiboux  ?
Pourquoi vouloir dévaster
Les blés que j'ai voulu partager  ?
Je ne suis pas la Grande Chasse
Qui chevauche tes cauchemars
Ni ogre ni démon
Juste un homme
Peut être moins que rien
Mais pas pire que tout

lundi 1 décembre 2014

Phylactère

Comme dans une case
Raide ankylosé
Comme dans une bouteille
Une phylactère
Pleine de deux mots gras
J'attends le printemps
Le soleil, et la pluie