J'ai retrouvé le chemin des mots
Et plongé dans la mer
J'ai joué dans l'écume douce-amer
Qui sert le cœur tendrement

Aux sons de la mélancolie
Au rythme des complaintes
J'ai souri

samedi 14 février 2015

L'homme nu

L'homme nu porte un habit creux
Il baille aux corneilles
Et souffre dans le vent

L'homme nu se nourrit de masques
Il fantasme sur soi
Assis au fond d'un puits

L'homme nu court de vains chantiers
Pour se faire une image
Et meubler l'écho du temps

L'homme nu, au fond
Pleure un visage
Qui n'a jamais existé

vendredi 13 février 2015

La sagesse

La sagesse est un feu follet
Qui me nargue gentiment
A coup de grandes vérités
Ou de maximes simplement
Là  ! Au coin de mon œil
Là  ! Au creux de mon dos
Et je ne me sens jamais plus fou
-Oh  ! Pauvre fou qui rit-
Que quand je tend la main pour l'attraper

jeudi 12 février 2015

Tu sais

Tu sais dans ma têtes il y a ton crâne glacial
Qui hurle mon rire cruel
Il y a un papillon mort-né qui bat de l'aile
Au grès du vent
Et du souffle
Il y a des espoirs de néant et des années malsaines
Il y a un scorpion malheureux
De sa carapace et de son dard
Il y a un tas de bonnes choses
Putrescences
Il y a mon rythme et ma folie
Et la lente mélodie de mes aveux
De mes malheurs passés
Que tu as galvanisé
Il y a tant de choses mal digérées
Il y a la vie qui tente l'échappée
Demain reste clôt
Dans le vase présent et dans la vase du temps
Entassé

Tu sais dans ma tête tonne le temps
Le tempo de ma colère malgré tout
Il y a tout ce que tu m'as fait
Et que je n'ai pas dit
Il y a le portrait au sourire carnassier
Que tu m'as collé dans l'ombre
Dans le dos
Il y a le poignard ensanglanté qui n'aurait jamais dû voir le jour
Et jouir
Il y a l'or fait boue pourrissante
Et le bonheur crucifié
Sur le cadavre de mes lèvres et le pal de mes sourires

Porteras-tu la tombe avec moi
Jusqu'au bout de la nuit et de ses cadavres enchantés, au fond,
De voir du pays  ?
Chanteras-tu pour eux des berceuses assassines
Comme un conte policier sordide
Sans coupable ni crime
Juste un oiseau de malheur, un noir corbeau
Qui chante faux pour quelques graines  ?
Allez, quoi  ! Sors ton squelette cramoisi des coulisses
Danse avec moi dans le sang et la honte
Si vraiment tu veux cette valse macabre
Si vraiment tu ne vois plus dans le noir
Que ton sourire meurtrier
Et ta folie hargneuse dans le reflet
De tes miroirs

mercredi 11 février 2015

Eau vive

Comme une eau vive
-Enfin!-
Les mots coulent le barrage a cédé
Les yeux humides et le cœur craquelé
Fissures
Comme un roc qu'on enlève du pied
Et tout le ventre se met à respirer
Soulagé le torrent de papier
Peut recommencer à couler sa route
Et semer ses doutes
Pleurer ses idées
Et piailler -sans doutes-
Au son du matin frais

vendredi 30 janvier 2015

Haikus divers

La nuit abandonne la brume
Pour étouffer le jour naissant
Et préserver le silence

Je me suis perdu
Dans un labyrinthe de pensées
Le doute a coupé le fil d'Ariane

Au bord de sa tombe
Coule un fleuve cristalin
Amer et salé

Sur les berges de la folie
Mon âme a contemplé
Son reflet

J'ai vu passer une ombre
Furtive infime désespérante
Une illusion de plus

O rêve éveillé
Dans une calme nuit blanche
Le chant du hibou

Matin solitaire
Dans les rues surprises nues
Le chat règne en maître

Silence nocturne
Moi ici mon coeur là-bas
Je n'attend plus l'aube


Les haikus de l'encens

Deux rubans de fumée
Lentement s'évadent
Parfum de l'encens

Séduisant l'odorat
Hypnotisant les yeux
L'encens danse

Des nuages de fumée
Visitent ma chambre
Onirique senteur

Formes sans substances
S'étirent se perdent se dissolvent
En odeurs

Mes pensées naviguent
Sur des mers brumeuses
Lentes marées de parfums

Vagues après vagues
Ma chambre est devenue
Un océan de senteurs

Mon esprit vadrouille
Guidé par deux sens
Rêve éveillé

Un dernier rougeoiement
Une dernière trainée
Et tombe la cendre


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Mes pensées naviguent
Lentes marées de parfums
Sur des mers brumeuses

Un vieux chemin

Salut ! Un mois et demi sans nouveauté et pour cause, je sèche. Allez savoir pourquoi. Ces temps-ci sont un peu plus fructueux (c'est plus le blanc complet), mais rien de consistant. Alors pendant ce temps j'essaie de récupérer ce que j'écrivais avant, il y a une dizaine d'année. Normalement je devrait récupérer le tout dans pas longtemps (genre quelques semaines maximum).

En attendant, voici déjà quelque haikus ou pseudo haiku qui datent de cette époque. J'ai découvert cette forme poétique japonaise au lycée, dans un recueil prêté par une amie. La traduction privilégiait le sens à la forme, aussi ne respectaient-ils pas la contrainte métrique 5-7-5. La première série est donc tout à fait irrégulière. Je la poste sans la modifier, mais peut être que je me pencherait à sa régularisation.